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N’importe qui peut être Community Manager / Edit

Posted on mar 28, 2012 by in Analyses | 7 comments

 

Je lisais dernièrement un article de l’agence « We Are Social » quant au métier de Community Manager qui m’a fortement fait sursauter. La prise de position est celle-ci : « Alors non, on ne peut pas s’autoproclamer community manager du jour au lendemain, c’est un métier qui nécessite une appétence pour tout ce qui touche à la sociologie, et une connaissance de l’organisation pour laquelle ils opèrent ».

Si je suis d’accord que, sur du long terme, la fonction de community manager nécessite d’être internalisée, je suis par contre complètement opposé à la notion d’appétence, qui sous-entend une sorte de capacité naturelle ou acquise. Il ne saurait y avoir de formation, car les technologies et les tendances évoluent, car les cas ne sont pas tous semblables et dépendent d’un environnement précis (pas de solution miracle), et tout simplement parce que le profil type n’existe pas (un communicant, un rh, un commercial ?).

Personnellement, je pense que tout un chacun peut être et peut se prétendre être un community manger dès lors qu’il est … curieux. Tout simplement. Il n’y a qu’à voir les « ancêtres », les modérateurs de jeux vidéo qui agissaient sur les forums. Pas besoin de diplômes ou un bagage culturel important, simplement de la curiosité et beaucoup de passion. Tout un chacun pouvait à l’époque se proclamer comme étant un modérateur. Ce qui a changé, c’est le feu des projecteurs sur cette profession, et un nouveau terme qui au final n’apporte pas vraiment grand-chose si ce n’est qu’il « professionnalise » une fonction existante qui a un peu évolué avec les outils.

Faut-il avoir un doctorat en sociologie pour animer des discussions ? Non. Faut-il une maîtrise en communication pour comprendre que tel contenu ne remporte pas le succès au contraire d’un autre ? Non. La curiosité (et un brin d’intelligence) est la clé pour que n’importe qui, quel que soit son âge ou son métier, puisse s’improviser Community Manager. Par exemple :

  • La curiosité, c’est ce qui va permettre d’appréhender les technologies, de les tester pour mieux se les approprier
  • La curiosité, c’est ce qui va inciter le community manager à aller identifier, analyser et comprendre les succès de concurrents ou de situations tierces pour les appliquer à sa propre communauté
  • La curiosité, c’est ce qui va pousser le community manager à analyser les comportements des internautes et à définir les indicateurs lui permettant de mieux répondre à des objectifs (par exemple les likes, les retweets)
  • La curiosité, c’est ce qui va pousser le community manager à s’informer des évolutions technologiques et des nouvelles tendances.

Certes, l’on pourra parler de quelqu’un de sociable, d’ouvert ou que sais je encore. Personnellement, je pense que c’est un peu de la foutaise. Nous n’avons pas les mêmes comportements hors ligne et en ligne. Quelqu’un pourrait ainsi être asocial dans la vie réelle, mais efficiente dans sa relation et l’engagement avec les consommateurs. Personnellement, j’ai un ami qui est un vrai « no-life », cela fait maintenant dix ans qu’il est enfermé chez lui à ne faire que des jeux vidéo, il ne travaille pas. Pourtant, il a une vie numérique et a su crée une communauté solide. Pas de diplômes, pas de relations dans la vraie vie. Et pourtant.

Dans l’affaire d’Orangina, qui est le sujet de l’article de « We Are Social », je ne pense pas qu’il s’agisse d’un problème du community manager mais bien de processus défaillants qui lui ont permis, voir peut être implicitement encouragé, à user de méthodes peu éthiques. Quand on ne sait pas ce qu’il y a en amont, on évite de tirer des conclusions sur l’aval, c’est pourquoi je ne me prononcerai pas.

N’importe qui peut s’autoproclamer comme étant un community manager dès lors qu’il a la curiosité et l’envie, c’est tout. Évidemment, tout le monde ne saurait faire un bon community manager, mais ce ne sont pas ses bagages culturels ou son parcours scolaire/profession qui vont déterminer son efficience.

Pourquoi je dis ça ?  Simplement parce que vous avez probablement quelqu’un en interne qui pourra jouer le rôle de community manager, quand bien même il semble ne pas avoir le profil. Sur du long terme, il faut quelqu’un d’interne à l’entreprise, qui connait sa philosophie et ses rouages (notamment les mécanismes décisionnels). Cependant, rien ne sert, dans de petites ou moyennes structures, de recruter un profil spécifique alors que vous avez peut être unemployé curieux qui pourrait consacré quelques minutes/heures par semaines. Comptable et Community Manager sont-ils des profils incompatibles ? Pour moi, la réponse est non, tout simplement.

[Edit] : après de nombreux échanges, et comme je pense qu’on apprend beaucoup en reconnaissant ses « erreurs », je suis d’accord pour dire qu’il ne suffit pas de n’être qu’un simple curieux. Il faut également prendre en considération la personnalité, la faculté à créer des échanges. Un autre point important qui revient souvent est la passion, soit pour les nouvelles technologies soit pour son entreprise. « N’importe qui peut devenir community manager » était peut être un terme trop fort, je tenais simplement à souligner qu’il ne fallait pas nécessairement de bagages scolaires ou culturels pour devenir un bon CM. Sur le fond, rien ne change donc vraiment.

  • http://twitter.com/celinecrespin celine crespin

    Pour u00eatre tombu00e9e dans ce mu00e9tier un peu par hasard il y a presque 7 ans alors qu’aucune formation « scolaire » sur le web (du marketing/comm/rp et une bonne connaissance d’OverBlog au du00e9part), je confirme qu’on apprend aussi beaucoup sur le tas, qu’il faut bcp de du00e9brouillardise, de la motiv, de la curiositu00e9, des idu00e9es et surtout ne pas compter ses heures ;-)nJe me permets de complu00e9ter ton article avec un que j’avais du00e9ju00e0 fait pru00e9cu00e9demment : http://www.wondercom.info/article-les-5-qualites-que-doit-avoir-un-bon-community-manager-65911590.html

  • http://twitter.com/kevinpoudoulec Kevin Poudoulec

    Je suis entiu00e8rement d’accord avec cet article, cherchant moi mu00eame u00e0 m’intu00e9grer dans la communautu00e9 des CMs et ayant tout d’abord une formation d’Assistant chef de projet web. Du00e9solu00e9 pour l’auto-promotion, mais j’ai u00e9cris un article sur « Comment devenir CM en 3 u00e9tapes », en partant par lau00a0http://www.web-social.fr/2012/03/21/3-etapes-pour-devenir-community-manager/).nnBonne continuation !

  • http://twitter.com/pascalf49 Pascal Faucompru00e9

    Community Manager Freelance, j’approuve plutu00f4t le rectificatif en edit et j’ajouterai 2 points qui ne sont pas forcu00e9ment assimilu00e9s en formation :n- l’empathien- le talent d’u00e9criturennOn oublie souvent que dans les PME, le community manager a souvent la charge de la ru00e9daction des articles de blog notamment !nUn caractu00e8re sanguin a souvent des difficultu00e9s u00e0 gu00e9rer l’u00e9coute, c’est bien donc un trait de caractu00e8re et non une notion apprise u00e0 l’u00e9cole !

  • Rody

    En effet c’est un peu rapide comme constat.nnTout le monde peut u00eatre CM…pour troller avec « les copains » !..oui lu00e0 d’accord.u00a0Cu00f4tu00e9 personnalitu00e9 :Auu00a0delu00e0u00a0de la curiositu00e9 il faut u00eatre capable de gu00e9rer les conflits, connaitre le monde de l’entreprise et le secteur d’activitu00e9 que vous allez adresser, savoir travailler en mode projet, u00a0u00eatre force de proposition. Faire preuve de savoir u00eatre, de patience et d’humilitu00e9…nCu00f4tu00e9 formation :u00a0nUne culture WEB / Marketing minimum pour u00eatre capable de mener ou suivre des projets de communication on line. Avoir des notions de droits et de sociologie.u00a0Par ailleurs la formation vous permettra d’acquu00e9rir un ru00e9seau de contacts et des cas concrets sur lesquels vous pourrez vous appuyer dans le temps pour u00e9viter les erreurs de du00e9butants.nnEn bref il faut considu00e9rer une formation comme un complu00e9ment indispensable pour u00eatre un u00a0CM efficace et professionnel.

    • Antoine

      u00a0Je suis u00e0 peu pru00e9s d’accord, mais pas sur la culture ni sur la formation. En fait, je me suis rendu compte avec cet article que nous avons tous une perception diffu00e9rente, qui n’est pas nu00e9cessairement fausse … une idu00e9e de prochain article :)

  • http://twitter.com/camauger Christian Amauger

    Passion et curiositu00e9, c’est tout ce qu’il faut pour u00eatre community manager? u00a0C’est un peu court, jeune homme :) u00catre passionnu00e9, u00eatre curieux, ce sont des qualitu00e9s « lessive » que tout le monde se targue d’avoir (il suffit de regarder le nombre de « passionnu00e9s de quelque chose » sur LinkedIn et autres profils). La gestion de communautu00e9 en ligne ne suppose-t-elle pas une bonne culture Web? Une connaissance des outils, des modes d’interaction, des ru00e9fu00e9rences culturelles, etc. u00catre « geek » si on veut. Et ce n’est pas quelque chose qui s’acquiert en quelques heures, mais au bout d’une longue immersion dans les divers mondes numu00e9riques. Ce n’est pas parce qu’on est jeunz, passionnu00e9, curieux et du00e9tenteur d’un gadget technologique qu’on est u00e0 l’aise dans le Web social. My two cents.

    • Antoine

      C’est juste une ru00e9flexion :) Et je ne pense pas qu’u00eatre geek fasse un bon CM !u00a0